samedi 18 juin 2016

Les cauchemars de Brzezinski: la Russie, la Chine et la perspective de la vraie guerre

Article original par Umberto Pascali, publié le 06 Juin 2016 sur le site katehon
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr


 
Dans sa dernière diatribe publique, Vers une réorientation globale, un Zbigniew Brzezinski visiblement usé et sénile, montre encore une fois que les vieux chiens ne peuvent pas apprendre de nouveaux trucs.


Il est évident que son ego ne permet pas à ce criminel de guerre décrépi, de renoncer à son rôle failli en tant que stratège de l’élite américaine. Il veut encore convaincre les grands requins de Wall Street qu’il peut les sauver de ce qu’il dit être une catastrophe imminente. Oubliant que la politique étrangère des États-Unis a été basée sur ses plans fous (en particulier, mais pas seulement, depuis l’élection de son protégé Barack Obama), Brzezinski dit à ses maîtres que les USA pourraient bientôt perdre leur position dominante, et / ou qu’ils pourraient même être battus militairement, s’ils s’engagent dans une guerre avec leurs rivaux, la Russie et la Chine.

Que peut-on faire? Quel est son plan? Sa seule solution consiste à diviser la Chine et la Russie, pour convaincre l’un des deux rivaux de collaborer avec Washington contre l’autre. C’est, sans exagération, pathétique, pour ne pas dire plus.
Il est clair que, se référant au refus catégorique de la Russie de se rendre, face à la guerre économique, financière, militaire et psychologique déchaînée contre elle, Brzezinski met en garde contre un rival qui pourrait être capable de déployer de nouveaux systèmes d’armes qui forceraient les États-Unis à choisir entre un suicide mutuel assuré et la perte de leur domination.
Ainsi, «l’acquisition soudaine par certains États de la capacité à rendre l’Amérique militairement inférieure, signifierait la fin du rôle global de l’Amérique.»

Brzezinski met en garde que cela signifierait un «chaos probablement mondial» (sic). Voilà pourquoi les États-Unis doivent découpler la Russie et la Chine, immédiatement; et transformer l’un des deux en partenaire. Mais (dilemme douloureux) qui devrait être l’ennemi et qui devrait être le partenaire? Zbig explique que l’élite américaine doit «contenir le moins prévisible mais potentiellement rivaliser avec le plus entreprenant…» Et qui est-ce? «Actuellement, le plus susceptible d’aller trop loin est la Russie.» Je sais, une alliance avec la Chine contre la Russie de Poutine? Pas si vite, siffle le vieux serpent. En effet, «à plus long terme [le plus susceptible de nous dépasser] pourrait être la Chine.»

Hmmmm.

Peut-être le maître à penser des requins de Wall Street, criminellement incompétent, tente-t-il de séparer les deux rivaux, offrant un partenariat pour le premier qui lèvera la main. Dans ce cas, nous serions témoins d’une illusion abyssale, un spectacle embarrassant d’impuissance!

La dernière élucubration bâclée du stratège fossilisé contient également son appréciation de l’Europe et des Européens; ce qu’il pense d’eux, sans se soucier de le dire ouvertement. Alors apparemment, s’il est hésitant sur ce qu’il faut faire à l’échelle mondiale, Brzezinski n’a aucun doute sur les Européens. Ils sont totalement inoffensifs, sous contrôle, incapables de présenter un danger réel ou potentiel pour la domination anglo-américaine. Ils vont obéir aveuglément à chaque ordre contre leur souveraineté et leurs intérêts économiques de base; ils vont renforcer la cage de l’OTAN dans un élan masochiste; et ils seront progressivement et irréversiblement affaiblis vers l’insignifiance et le chaos, par les migrations bien organisées venant du Sud (connues sous le nom de «renaissance» dans le langage brzezinskien).

Les États-Unis veillent à ce que les printemps arabes et les guerres civiles continuent et dégénèrent, afin de faire d’une pierre deux coups:
  1. Permettre, grâce à des moyens secrets ou publics, une spirale déstabilisatrice du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA);
  2. Privilégier, par des moyens secrets ou publics, une augmentation des vagues de réfugiés en Europe à partir de ces pays déstabilisés.
Brzezinski justifie et incite ces masses à la violence du désespoir (conséquence délibérée de ses politiques) contre l’Europe, ce qui explique l’hypocrisie illimitée, «l’éveil politique post-colonial violent actuel qui touche les musulmans, est une réaction tardive à leur étouffement parfois brutal, principalement par des puissances européennes […]»
Ainsi, les Européens doivent maintenant être soumis à la vengeance pour leurs péchés coloniaux, souligne Brzezinski .

Il est incroyable qu’aucun gouvernement majeur, parti ou organisation en Europe et au MENA, n’ait réagit et dénoncé cette double agression froidement conçue. L’expression Renaissance politique globale (comme l’expression Grand Échiquier pour le plan visant à isoler et à déstabiliser la Russie et l’ensemble de l’Eurasie), a été à nouveau inventée par Zbigniew Brzezinski. Voir The global political Awakening, article publié dans The New York Times le 16 décembre 2008, comme un ordre de marche public pour son protégé tout juste élu, Barak Obama.

Brzezinski, également en 2008, était très occupé à essayer de trouver la pilule magique pour assurer la survie de la puissance des vampires de Wall Street, qui avait été sérieusement érodée par les criminels déments de la présidence Cheney-Bush, et faisait de plus en plus face à une rébellion de l’Europe (en particulier de la France, de l’Allemagne, de l’Italie) qui poursuivaient activement un partenariat économique et politique avec la Russie.

Dans son article, Brzezinski se vantait visiblement qu’Obama était en fait son docile homoncule faustien. Aussi, il donnait à l’élite anglo-américaine sa recette magique, sur la façon de sauver leur domination. «Un nouveau président fera le job, entonna-t-il, au milieu d’une crise de confiance généralisée dans la capacité de l’Amérique à exercer un leadership efficace dans les affaires mondiales. Cela peut être vu comme une pensée rigide, mais c’est un fait […] Le défi résultant s’est aggravé sur des questions telles que le climat, la santé et les inégalités sociales – des questions qui sont de plus en plus disputées, parce qu’elles ont fait surface dans le contexte de ce que j’appelle le réveil politique mondial.»

Ce qui est appelé réveil politique mondial n’est rien d’autre qu’une mise à jour de son principal sale tour de 1978-1979: la création d’al-Qaïda en Afghanistan pour «donner aux Russes leur Vietnam».

La création et la manipulation des bouleversements sociaux – appelés selon les cas, révolutions de couleur, printemps arabes, et ainsi de suite – étaient le perfectionnement des mêmes sales tours criminels : comment déclencher un coup d’État sans avoir à payer pour les conséquences d’une participation visible. Brzezinski a tellement surestimé ses capacités géopolitiques, essentiellement limitées à la création et à la manipulation du terrorisme, du crime organisé, de campagnes médiatiques, de propagande – le tout étant des opérations criminelles dissimulées et couvertes, qui seraient autrement tout simplement ouvertement des actes de guerres.

Mais maintenant, le serpent fossilisé ne peut plus faire grand chose, non seulement pour couvrir sa longue liste de crimes de guerre, mais aussi son impuissance.

Umberto Pascali
 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire